• Europan 6
  • Roubaix (FR)
  • lauréat

Equipe concours
Laurent De Vallée (FR)
Bathilde Millet (FR)
Antoine Motte (FR)
Julien Rousseau (FR)
Pierre-Alain Gauthier (FR)

Auteur(s)
Bathilde Millet (FR)

Client(s)
Ville de Roubaix
Pierres et Territoires de France

La parabole des hérissons

Concours

2001

La « parabole des Hérissons » d’Arthur Schopenhauer est une réflexion sur la juste mesure qui doit exister entre deux individus, deux groupes ou deux quartiers de ville. Recherchant cet équilibre du « ni trop près, ni trop loin », la proposition restructure un paysage urbain dégradé en juxtaposant des espaces publics à connotation très urbaine et une zone résidentielle plus communautaire. Le projet urbain retisse l’îlot par une juxtaposition de bandes traversantes s’inspirant d’une typologie propre à Roubaix. Celui-ci devient une gigantesque villa semi-privative plantée légitimant sa position urbaine par deux parkings balises qui ponctuent l’arrivée en centre ville et ordonnant un tissu urbain éclaté. Un éventail d’habitations composites et modulables intègre l’évolution des modèles familiaux.

Études

2002-2007

Suite au concours, l’équipe lauréate obtient une série de missions urbaines dont l’étude de faisabilité d’un parking-silo public.

En 2003 et dans la perspective de Lille 2004, la partie est de l’îlot Sarrail-Fabricants est remis au concours dans le cadre du projet expérimental « Maisons de ville ». Le concours est gagné par une autre équipe qui prévoit des maisons urbaines au cœur de l’îlot et le long de la rue des Fabricants suivant un cahier des charges défini par Bathilde Millet et Julien Rousseau, lauréats du concours Europan. Finalement, l’échec des négociations entre les différents partenaires sur le financement du parking silo entraîne l’arrêt du projet expérimental « Maisons de ville » gagné par une autre agence. Cet arrêt va relancer le projet Europan des Villas Sarrail qui prendra son aspect définitif à partir de 2006. Un aménageur privé Pierres et Territoires de France qui souhaite réaliser un programme de logements à proximité du centre-ville, choisit l’équipe Bathilde Millet architectes. Au départ, le promoteur n’envisage que de construire le long de la rue du Général Sarrail. Mais les architectes vont faire évoluer ce principe d’implantation pour retrouver la variété typologique caractéristique du projet Europan d’origine. Les architectes travaillent le projet en deux temps : d’abord reconstituer le front bâti sur l’ensemble des parcelles, puis modifier les volumes au gré des variations typologiques. Multiplier les typologies pour favoriser la diversité, multiplier les entrées pour faciliter les rencontres sont les principes de base de l’équipe. Le plan masse de l’opération donne l’image d’une homogénéité trompeuse : le front bâti sur la rue principal est composé d’appartements traversant et en attique, de petites unités indépendantes évoquant des maisons sur le toit. Rue Neuve, on trouve un bloc composé de duplex et face au parking public, cinq villas urbaines se développant sur quatre niveaux. Les différentes parties de l’opération sont délimitées par des espaces extérieures en caillebotis, balcons ou paliers qui pourront être investis par les habitants.

Réalisation

2008-2010

La phase de commercialisation du projet se fait en 2008, en pleine crise immobilière. L’équilibre de l’opération est remis en cause et l’équipe doit trouver une façon d’économiser 1 ?2 millions d’euros. Le système d’isolation par l’extérieur sera abandonné et le traitement des façades revu à la baisse avec l’emploi d’enduit au lieu des briques pour les bâtiments de logements collectifs. Enfin, une partie des grands appartements sont transformés en surfaces plus petites, plus faciles à commercialiser.

L’idée de départ était d’associer une grande mixité sociale à une forte variété typologique tout en respectant l’exigence de densification. Au final, cette hypothèse s’est encore amplifiée en termes de diversité grâce au travail précis de distanciation entre sphères publiques et privées, par la mise au point d’un parcours résidentiel entre ville et cœur d’îlot, par le traitement des extensions de logements et celui des espaces mutualisés. Sa réalisation a révélé à l’ensemble des acteurs de l’opération la valeur ajoutée d’un processus d’analyse plus complexe mais débouchant néanmoins sur un projet enrichi au plan morphologique, fonctionnel ou social.

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